Vallée du Célé des parfums d'intimité

Le patrimoine naturel

La vallée du Célé traverse trois régions naturelles :

La Châtaigneraie cantalienne et le Ségala lotois

Dans ce secteur de piémont, aux sous-sols constitués de roches, les phénomènes d’érosion ont modelé un paysage de collines aux pentes plus ou moins marquées et aux gorges parfois assez profondes. Les cours d’eau y sont assez tumultueux et leurs eaux sont fraîches et bien oxygénées.
 
Les ruisseaux accueillent des populations piscicoles, telles que la truite fario, le chabot, la lamproie de Planer. Des espèces aquatiques plus rares et vulnérables, comme la moule perlière ou l’écrevisse à pattes blanches, y ont également trouvé refuge. Mais les activités humaines menacent leur survie et les populations, abondantes autrefois, sont devenues rares et font l’objet de programmes actifs de sauvegarde. Ces ruisseaux acides présentent aussi un intérêt certain pour d’autres espèces emblématiques que sont la loutre d’Europe, le cincle plongeur ou le martin pêcheur.
 
Le Ségala et la Châtaigneraie sont également caractérisés par la présence de nombreuses zones humides à fort intérêt patrimonial. On y trouve notamment des droséras, petites plantes carnivores de tourbières, rares et protégées, et de nombreuses espèces d’orchidées. Ces zones humides s’avèrent enfin être le terrain de jeu idéal pour diverses espèces de papillons, de libellules, d’amphibiens et de reptiles.
 
Les sols acides et les précipitations abondantes du Ségala et de la Châtaigneraie en font des régions à la fois forestières et pastorales.  Les collines sont alternativement recouvertes de prairies naturelles ou plus ponctuellement de cultures et, sur les pentes ou les « sommets », de grandes forêts où dominent hêtres, chênes pédonculés et châtaigniers.

Le Limargue

Cette zone de contact entre le massif cristallin à l’est et le pays calcaire de l’ouest présente une géologie relativement complexe, caractérisée par une grande diversité de roches sédimentaires.
Les ruisseaux du Limargue, encore nombreux à l’est, viennent buter à l’ouest contre les couches calcaires des Causses du Quercy, s’y enfoncent et deviennent dès lors souterrains.
 
Cette région de collines douces et verdoyantes contraste autant avec la sécheresse pierreuse du Causse qu’avec les sombres élévations du Ségala. Ses terres riches en font une zone agricole fortement développée, notamment autour de la rivière du Drauzou ; la vallée du Saint-Perdoux restant plus forestière. Le faciès bocager, qui est très marqué, limite souvent les vues paysagères sur le territoire.
Depuis tout temps, le Limargue est une zone de passage, de commerce et d’activités économiques assez développées.

Il abrite l’agglomération de Figeac et de nombreux autres villages. Les infrastructures y sont assez denses : routes, voie ferrée, ponts récents ou médiévaux. Mais le Limargue recèle aussi des richesses naturelles « cachées » : certaines mares bocagères et forestières abritent des espèces rares, à l’image du crapaud sonneur à ventre jaune. Ce petit crapaud plat, aux yeux très proéminents, se caractérise par un ventre lisse orné de tâches noires et jaune vif. L’animal utilise cette coloration pour effrayer l’ennemi et sécrète par ailleurs un produit qui irrite les muqueuses de ses prédateurs.
 
Les milieux alluviaux du Limargue hébergent également plusieurs espèces intéressantes de libellules telles que l’aeschne isocèle ou l’agrion mignon, sans oublier certaines plantes assez rares comme l’osmonde royale, la prêle d’hiver ou le doronic à feuilles cordées. Enfin, les herbiers flottants à nénuphar jaune qui ont colonisé certaines zones de calme à l’amont de chaussées sur le Célé et le haut bassin du Drauzou, sont également typiques de cette région naturelle. 

Les Causses du Quercy

Les causses sont caractérisés par un relief karstique typique : un vaste plateau calcaire criblé de cuvettes, de gouffres et d’igues1.
Cette région naturelle bénéficie du classement en Parc naturel régional, depuis 1999, en raison de la richesse de son patrimoine naturel et culturel.
 
Le long de sa traversée des causses, le Célé est principalement alimenté par des rivières souterraines provenant d’infiltrations dans le sous-sol karstique mais aussi de nombreuses pertes2 situées sur la bordure est du causse, dans le secteur d’Assier et d’Issepts notamment.
 
Dans ce secteur, les eaux du Célé constituent un habitat privilégié pour les espèces méridionales ou les poissons d'eau douce, absents de la partie amont. On notera par exemple la présence du toxostome, du brochet, qui y forme une des plus grandes colonies du département du Lot, ou encore de l’ombre commun. Les eaux calcaires et courantes donnent également naissance à des herbiers intéressants (potamot, renoncule flottante, petite lentille d’eau…).
 
Les falaises qui surplombent le Célé abritent également d’autres hôtes, parmi lesquels d’importantes colonies de chauves-souris et quelques couples de rapaces particulièrement rares (faucons pèlerins ou hiboux grands ducs).
 
Sur les plateaux secs et pierreux se développe une végétation de type méditerranéen avec des bois de chênes verts et de chênes pubescents, auxquels viennent s’ajouter des pelouses sèches et des landes « peuplées » de buis, genévrier, brachypode à deux rangs, lin des collines.
 
 
1 Igue est un terme régional qui désigne un aven, une sorte de puits naturel, peu large, provoqué par un effondrement du sol au-dessus d’une cavité.
2 Une perte est un trou dans le sol dans lequel un cours d’eau s’engouffre, devient souterrain et réapparaît plusieurs kilomètres plus loin, à l’air libre, par une résurgence.

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